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Histoire d’en finir

Lina Chapuzet

Prologue

C’est seulement une fois ce récit bien avancé, que ces questions me sont venues : pourquoi écrire cette « Histoire d’en Finir » ? Qu’est-ce qui me pousse à vouloir mettre en mots cette histoire intime jalonnée de bonheurs et de maux vécus, compressés dans quatre mois de mon existence ?

C’est indéniablement une façon d’absorber ce qui est de l’ordre de l’incompréhension de situations inscrites dans une incohérence que j’ai vécue comme sidérante.

C’est aussi un moyen de faire « un pas de côté » face à cette fulgurance d’événements.

Salutaire est la dimension prégnante à chaque page, remplie des mots et des émotions qui traversent l’âme et viennent se poser en souvenir pour se transformer en expérience.

Le Deuil a plusieurs facettes, il contient un processus de cheminement contenant l’acceptation d’une finitude.

Sans prétention outre mesure, je définis ce récit comme un témoignage. Certes, pas des plus original mais particulier car chaque parcours de vie porte en lui sa propre singularité.

À sa lecture peut-être est-il possible d’y rencontrer des similitudes, faire des rapprochements, être interpelé par telle ou telle situation pour l’avoir un tant soit peu vécue, identifier des émotions connues ou bien au contraire, se sentir loin d’une telle histoire et pour autant y trouver un intérêt parce qu’elle ouvre à de l’inconnu.

Un récit, voilà ce que je désire exprimer à travers son déroulé, tissé à partir d’une trame linéaire des jours qui passent sur lequel sont brodés des points de vie, parfois maladroits parfois ajustés. Cela en fait-il une étoffe harmonieuse, chaotique ? Nul doute que c’est un ensemble, imbriqué d’attente, de dé-espoir, d’espoir, d’un souffle de lumière qui avive la création.

J’ai choisi une écriture au plus près de la réalité et de la spontanéité des moments vécus où alternent les sms échangés au cours de cette période ainsi que des explications, des éclaircissements nécessaires à la compréhension, des observations, des questionnements et des remarques sans jugement ni interprétation.

Je souhaite que le lecteur ait toute liberté sur la façon de s’approprier cette histoire contée.

Et comme tout conte, il y a un début et une fin.

Première partie

Il était une fois… Mardi 20 août 2019, Lyon

La Corrèze, Monceaux, petit village aux toits d’ardoises près d’Argentat qui offre son charme et sa langueur au fil de l’eau de la Dordogne. Elle est là, juste à quelques pas où j’ai planté ma tente. Un séjour rempli d’activités nature, de vols en ULM et de multiples partages avec mes amis : un temps de ressources bienfaisantes, heureuses.

Cela fait deux semaines déjà !

Le projet du retour : m’arrêter à Lyon pour voir mon fils et sa compagne. Belle perspective qui me met en joie.

C’était convenu, nous avons, avec le père de mes enfants, décidé lors de mon séjour en Corrèze, de nous retrouver ensemble chez notre fils. Le temps passe, dix-neuf ans que nous sommes divorcés. Un dé-ensemble douloureux. Durant ces années écoulées, nous avons tricoté une présence de parents, avec ses aléas, ses conseils de famille dans les moments forts et décisifs pour nos enfants mais aussi des moments heureux partagés sereinement. Aujourd’hui, nous avons des échanges apaisés, complices, dans le respect des êtres que nous sommes.

C’est lui qui s’est chargé d’une location, tout près de chez notre fils. Un bel appartement, grand espace, trois chambres, de quoi en avoir une pour chacun.

Il est descendu en train, nous devons remonter en voiture ensemble deux jours plus tard.

À Lyon, je suis attendue. Quel bonheur de se retrouver avec notre fils Léo et sa compagne Annabelle ! Deux journées de balades et expositions, un bœuf mémorable tous les quatre lors d’une soirée : les deux hommes à la guitare, moi au djembe et Annabelle à la voix !

En dehors de ces moments, je remarque qu’il écrit de nombreux messages sur son portable.

C’est lors de notre déambulation à une exposition, dans le centre de Lyon que nous l’avons « perdu » avant de le retrouver dans le jardin en pleine communication téléphonique. Il raccroche rapidement en nous voyant.

– J’étais avec ma tante, nous a-t-il répondu, pour se justifier. Sa tante ? Cela m’interpelle.

Le lendemain, matin du départ, lorsque nous nous préparons, je le sens « occupé », fébrile, content.

Je mets cela sur le compte de ces deux jours heureux que nous venons de partager et le moment que nous allons vivre puisque nous prenons un dernier petit déjeuner chez notre fils avant de prendre la route.

 

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